Catégorie : Mes carnets de voyage

Hola Cadaques

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On arrive à Cadaquès après une quinzaine de kilomètres qui en paraissent cinquante sur une route sinueuse de montagne dont il est difficile d’imaginer qu’elle mène à la mer. Et puis soudain ce petit port et ses maisons immaculées aux volets bleus s’offre à vous, comme un trésor qu’il faudrait mériter un peu. Je suis un public facile, vous me donnez des terrasses au bord de l’eau et deux ou trois ruelles bordées de bougainvilliers et je suis comblée. Mais là, franchement, ce fut le coup de foudre immédiat, cette sensation rare et précieuse d’avoir trouvé un de ces endroits qu’on n’oubliera jamais. Je ne sais pas s’il est encore trop tôt ou si, avec ses criques de galets, Cadaquès séduit moins que ses comparses de la Costa Brava, mais nous sommes presque seuls dans notre hôtel et rares sont les restos bondés le soir. Il règne du coup une absolue quiétude dans les rues pavées – et sacrément casse-gueule – de ce qui fut le havre de Salvator Dali. Comme si les encore rares touristes se mettaient au diapason de ce paysage parfait que seuls les cris des mouettes viennent troubler. En lire plus »

No but allo, what

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La dernière fois que j’étais allée à Londres, j’avais été terrassée en arrivant à Saint Pancras par une gastro fulgurante d’une exceptionnelle violence qui m’avait clouée au lit la majeure partie du week-end. Sachant que quelques années auparavant c’était une grippe plus qu’aviaire qui m’avait séchée alors que nous passions le nouvel an dans une auberge de jeunesse pas chauffée du côté du British Museum. Autant vous dire que cette fois-ci je marchais sur des oeufs. D’autant que les miasmes semblent avoir décidé de s’éterniser chez nous. Entre Rose et son pieds-mains-bouche qui l’a laissée sur le carreau et le machin qui tousse à s’en décrocher les bronches, c’est la fête du mouchoir et du doliprane.

Mais thank god, la malédiction londonienne semble avoir pris fin, ces presque 48h se sont déroulées sans accroc ou presque et malgré une météo moyennement clémente le moins que l’on puisse dire c’est qu’on en a grave profité.

Il faut dire qu’entre vos conseils et l’attention absolument adorable de Lili Bé, une lectrice et blogueuse qui m’attendait à Saint Pancras avec un guide consacré à la visite de Londres en famille illustré par ses soins, on partait avec quelques atouts dans notre manche.

Bien sûr, on s’est quand même pas mal perdus, multipliant par douze au moins le nombre de kilomètres arpentés pendant le week-end. Et qui dit « on s’est perdus » dit aussi on a failli divorcer plusieurs fois, l’un accusant l’autre, l’une ayant alors peut-être brandi le guide sus-nommé de manière un poil menaçante sous le coup de l’énervement. Suffisamment pour que son tendre époux se drape dans sa dignité d’homme « potentiellement » battu (j’en ai pour dix ans). Mais mis à part ce petit incident de parcours (je suis bonne pour un stage de gestion de la colère), rien à déclarer. Si ce n’est les « No but allo, what », répétés ad nauseam par la chérie, convaincue du même coup d’être totalement bilingue (merci Nabila).

Sans rire, Londres n’est pas une ville évidente à apprivoiser, je crois que c’était la première fois que je parvenais à peu près à me sentir en territoire connu et à me situer géographiquement. Et je crois que du coup je n’avais jamais autant profité de la capitale anglaise. Je ne prétendrai pas avoir de quelconques leçons à donner pour qui souhaite découvrir cette ville tentaculaire et bouillonnante, mais je peux éventuellement vous donner deux trois impressions, qui n’engagent que moi: En lire plus »

Un week-end – presque – parfait

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Déjà, un grand merci pour votre participation au livre « L »Amour, #l’indispensable », le projet a été financé en trois jours et c’est en partie grâce à vous, je vous tire mon chapeau (hin hin hin) (cf la photo).

A part ça, pas grand chose si ce n’est que j’ai découvert une nouvelle maladie infantile ce week-end – comme quoi la parentalité est une source inépuisable de surprises, je pensais naïvement avoir fait le tour des miasmes avec mes twins et leurs défenses immunitaires inexistantes.

Comment s’apellorio, cette saloperie ?

Pieds-mains-bouche. En lire plus »

Little Marcel: au commencement il y a l’amour

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C’était la troisième fois que je participais à ce week-end organisé par Little Marcel. Deux jours pendant lesquels la marque présente la collection de l’année à venir et fait profiter à quelques joyeux élus – journalistes, blogueurs, mais aussi acheteurs, collaborateurs, etc – de cet environnement tout de même assez merveilleux du Grau du Roi, berceau de la griffe aux rayures multicolores et marcels tout doux. Bien évidemment, deux jours – à peine – c’est court pour se faire une idée précise. Mais lorsque trois années de suite vous êtes accueillie avec la même chaleur, la même simplicité, par une équipe quasiment inchangée, vous commencez à vous dire que c’est donc peut-être vrai, que chez Little Marcel il est question de mode, de business mais aussi du plaisir de bosser ensemble.

Je vous avais raconté comment à l’origine Lynda avait demandé à son mari un matin de lui créer un marcel noir et blanc et facile à laver,  frustrée qu’elle était de ne jamais en trouver des « comme elle aimait ».  Et de fil en aiguille, le succès est arrivé. Little Marcel aujourd’hui compte 70 salariés et des points de vente aux quatre coins du monde.

Cette année j’ai eu envie de vous parler de Lynda, justement, parce qu’il y a quelque chose qui me parle en elle et qui j’en suis sûre vous parlerait aussi.  Elle semble poser un regard assez sain sur la vie, le business, l’amour et la famille, ce qui je crois, dans le milieu du « chiffon » comme elle dit, n’est pas forcément toujours évident. (elle est aussi légèrement agaçante de beauté, je veux dire, le temps est-il vraiment le même pour tout le monde ou certaines personnes ont-elle un deal particulier avec celui qui gère tout ce qui est vieillissement ?)

Bref, voici ses réponses à mes quelques questions posées un verre de rosé à la main, un bout de fougasse dans l’autre (pour moi), (pour elle, un cigarillo). En lire plus »

Thaïlande ou la vie qui pulse

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(attention, billet fleuve, ne voulant pas vous saouler toute la semaine avec la Thaïlande (je crois que j’ai déjà un peu abusé la semaine dernière) j’opte pour un seul post, mais long)

S’il est une chose qui nous a complètement sidérées Violette et moi durant ce périple, c’est la façon dont Bangkok s’est métamorphosée en 15 ans. Le hasard veut en effet qu’elle et moi y soyons allées bien avant de nous connaître à peu près à la même époque (nous avions une dizaine d’années si vous savez compter comme il faut). J’avais ce souvenir d’une ville foisonnante et moite, d’une énergie, déjà, mais aussi d’une certaine précarité. J’avais gardé en tête des images d’enfants me sollicitant, des mendiants à l’entrée des temples et de rues pauvres. Il y avait déjà quelques buildings mais l’habitat traditionnel, petits bâtiments de quelques étages tout au plus restait majoritaire.

15 ans après, il m’a fallu chercher longtemps avant de retrouver des images familières tant la capitale thaïlandaise s’est développée. Le temps de relacer votre chaussure et pof, un gratte-ciel est sorti de terre. Les centres commerciaux n’ont rien à envier à ceux de la Défense ou tout autre centre-ville urbain. La modernité gagne du terrain sur les quartiers historiques, des grappes de restaurants et bars lounge s’agglutinent sur les rives de la Chao Praya et si les vendeurs de noodles, beignets de banane, poisson séché et autre soupes Tom Yam continuent d’officier sur chaque centimètre carré de trottoir qui leur est laissé vacant, vous pouvez aussi désormais à Bangkok manger au Macdo, au Burger King, boire un latte au Starbuck et grignoter italien, espagnol ou français à toute heure.

Quant aux prix, si notoirement bas, qui font encore rêver les routards, ils restent dérisoires au regard de notre café dégueulasse parisien à 2,50 euros mais n’ont également plus rien à voir avec ce que nous avions connu à l’époque avec le churros (on s’est rencontrés très tôt pour ceux qui ne suivraient pas).

Qu’on ne s’y trompe pas, je ne suis pas en train de regretter ce bon vieux temps de la Thaïlande sous-développée. Cette effervescence ressentie durant cette semaine m’a fait penser à celle qui nous avait saisis aussi à Istanbul. Comme nous nous le sommes dit avec Violette à plusieurs reprises, il fallait probablement aller voir en Asie si nous y étions, pour nous apercevoir que… ben non, en fait. La vieille Europe n’a jamais si bien porté son nom et c’est peu dire que les Thai rencontrés n’ont pas caché une certaine condescendance à notre égard. Pas désagréables, hein, mais voilà, on est mignons, quoi, avec nos musées, notre tour Eiffel et notre exception culturelle.

Fou comme l’histoire est en train de basculer, comme les rapports de force s’inversent et comme on est finalement si peu conscients de cela, vu de notre canapé. Aujourd’hui encore nous regardons avec effroi cette usine du Bangladesh partir en cendres, tout en nous félicitant assez hypocritement d’être du bon côté du chemin. Je ne suis pas certaine que dans vingt, trente ou cinquante ans ce ne soit pas depuis la Chine, la Thaïlande ou l’Indonésie que l’on nous observe ainsi… D’une certaine manière, ce sera un peu l’arroseur arrosé. Après des siècles de domination et de mépris de « l’indigène », l’homme blanc occidental est en passe de dégringoler de sa montagne. Peut-être ne l’a-t-il pas volé ?

Mises à part ces considérations de haute volée (je vous ai déjà dit que j’avais fait sciences-po?), rassurez-vous, nous n’avons pas oublié parfois de nous concentrer Violette et moi sur les vraies priorités de la blogueuse lambda : où trouver les plus jolis bracelets ? Comment allons-nous faire nos shooting mode sans portes cochères ? A combien peut-on espérer dégotter l’un de ces sacs typiques, bariolés à pompons (qu’aucune thai de Bangkok ne porte, que ce soit bien clair, leur came ce serait plutôt Vuitton ou Chanel) ? Et sinon, on va faire caca un jour ou c’est mort ?

Difficile de vous faire un compte-rendu exhaustif tant finalement en un temps assez court nous avons multiplié les activités. Mais comme l’exhaustivité et moi ça fait trois et que je suis convaincue que ma compagne de voyage n’aura pas forcément relevé les mêmes anecdotes, en nous lisant toutes les deux et en allant, dès que nous l’aurons rédigé, voir l’article que nous publierons sur Expedia, vous devriez avoir une idée assez précise de ce que l’on peut espérer faire en cinq jours à Bangkok.

Le mieux est de reprendre ce séjour par ordre chronologique : En lire plus »

Thailande, carte postale #1

 

IMG_7351Nail art (ma nouvelle passion), crabes à point, gambas pêchées du jour, foot-massages et ferrys colorés. Encore une dure journée de labeur. Je reviens vite vous raconter la suite de nos aventures (et le mot n’est pas choisi au hasard, on voyage certes avec un guide mais à la roots (il n’y a pas de papier dans les toilettes et nous avons du enjamber trois bateaux pour parvenir au nôtre, je ne m’explique toujours pas comment l’une de nous deux n’est pas tombée à l’eau). C’est quand même con que Koh Lanta ait été supprimé parce que sans me vanter on avait nos chances. En lire plus »

Bonze comme une orange

 

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Peu à peu nous nous habituons à la moiteur (pas taper). Peu à peu, nous apprivoisons les odeurs, les bruits, le fourmillement de cette ville à nulle autre pareille. Bangkok n’est pas une inconnue pour moi, j’y suis allée il y a quinze ans avec le churros, lors d’un périple qui nous avait conduits du nord de la Thailande (Chiang maï) aux iles Perhentian de Malaisie. A l’époque, désargentés et aventureux, nous avions dormi dans la rue de la fête, Kao San Road, celle des sacs-à-dos et des routards un peu perchés. Mais déjà, j’avais adoré, les étals de nourriture dans la rue, les temples incroyables, la maison de Jim Thomson, la chao praya dans laquelle à certains endroits des enfants se baignaient.

 

Pas une première fois, donc, mais à nouveau le coup de foudre. Si je ne me dis pas que je pourrais y vivre comme j’ai pu le penser à Istanbul (trop chaud pour moi, trop éloignée, peut-être, de mes repères), je pourrais en revanche aisément y rester plus longtemps que ce trop court séjour. Sans tomber dans les clichés à deux baths, il y a ici un mélange de traditions ancestrales et de modernité, la ville pousse en hauteur et semble s’étendre inexorablement, les enfants sont nombreux mais leurs uniformes semblent d’un autre temps, l’occident est partout, pubs pour Coca cola en tête mais les bonzes flamboyants vous rappellent à la réalité, vous êtes en Asie. Hier soir, après une journée de comatage ma foi pas désagréable – j’aime par dessus tout ces instants suspendus où l’on ne sait plus l’heure qu’il est, le jour de la semaine ni même le continent qui nous porte – nous avons découvert un peu de Bangkok by night, marché de Patpong, métro aérien et retour en tuk tuk à toute allure et clope au bec, riant comme des gamines d’être là, de manière si imprévisible et incongrue. En lire plus »

Lost in Bangkok

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Bien arrivées – stop – complètement jet-laguées – stop – lost in translation – stop – Scarlett a pris cher – stop.

Après 11h de vol dont 10 de turbulences, un somnifère dans le coco qui n’a servi qu’à me transformer en lamentin (mais insomniaque), nous sommes donc arrivées à bon port à l’Anantara Hôtel de Bangkok, qui n’est certes pas un Hilton mais qui en a quelques atouts, au nombre desquels un rooftop hallucinant,  une piscine indécente très californienne dans l’esprit et des noix de coco shootées aux hormones. (Photos plus nombreuses à venir, pour l’instant, penser à me doter simultanément de ma clé de chambre, de mes lunettes et de mon téléphone requiert des connexions neurologiques dont je ne dispose hélas pas) (en cinq heures j’ai perdu et retrouvé ma crème solaire, mon passeport, ma carte bleue, mon passeport, mes tongs, mon passeport et mon dissolvant) (au bout du rouleau) (t’as pas vu mon passeport ?) En lire plus »

Une semaine en Thaïlande

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Juste quelques mots, dans deux heures je décolle avec ma compère Violette pour cinq jours en Thaïlande, invitées par Expedia, au programme, Bangkok et Koh Samet. Bien évidemment, au moment où je vous écris je suis partagée entre l’excitation, la tristesse de laisser mes choux et l’angoisse de l’avion (est-ce que je prends un somnifère ? oui mais si je prends un somnifère, je ne vais pas pouvoir me lever toutes les deux heures conformément à la réglementation anti phlébite et si jamais je fais une réaction à l’anxiolytique ?). Je progresse, voyez.

Bref, je pars avec mon ordi et mon reflex, donc je vous tiens au jus de nos pérégrinations, bon lundi de Pentecôte !

Après la pluie…

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La dernière fois dans l’un des commentaires, l’une de vous me souhaitait bonnes vacances, « entre amis ou en famille, mais cela semble être un peu la même chose pour toi« . Cela m’a touchée parce qu’en effet je crois que je ne fais pas vraiment la distinction. Au début de la semaine, mes parents étaient encore là, se mêlant avec nous, les enfants, mes amis, leurs enfants. Très vite la tripotée de gamins ont commencé à les appeler Padom et Manou, à tel point qu’on réfléchit à une marque déposée. Comme me le disait ma copine C., « ta mère on sent que c’est open bar de l’affection, et qu’elle aurait pu en avoir 28 des gosses que ça ne l’aurait pas dérangée ». En lire plus »