Catégorie : Film

Césars et solidarités

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Salade d'avocats et champignons, saumon fumé, blinis et crème fraiche et bien sûr, champagne. Voilà le difficile sort que je nous réserve au churros et moi pour cette soirée des Césars.

On a des vies compliquées.

A part ça, je voulais vous remercier pour votre enthousiasme et vos si gentils compliments, je suis à la limite de tomber amoureuse de moi même donc je pense que vous pouvez désormais cesser.

Enfin, et ça n'a rien à voir, mais je viens de pleurer comme un bébé en entendant des Tunisiens à la radio accueillir les milliers de réfugiés libyens qui déferlent à la frontière tuniso-libyenne. Les uns emmenaient les autres dans leur maison, certains apportaient des vivres, d'autres opéraient dans l'urgence des blessés. Il n'y avait pas besoin d'images, on voyait la scène à la fois tragique et humaine.

Je me doute que passés ces premiers jours, la question du devenir de ces réfugiés ne va pas manquer de se poser. Je me doute aussi qu'à un moment où à un autre, elle va venir sur la table en France. Il est fort à parier que des déplacements sont en train de s'opérer et je tremble du débat nauséabond que cela provoquera chez nous. Je ne sais pas pourquoi mais je doute qu'il y ait ce même élan de solidarité spontanée par ici.

Bref, c'était un billet encore plus décousu qu'à l'accoutumée, place aux robes à paillettes, aux sourires hypocrites, aux vexations rentrées, aux espoirs comblés et déçus. Depuis ma désagréable expérience de trophées truqués chez Elle, je crois que je m'identifie un peu à tous ces illustres perdants.

Ben quoi ?

J’Hesme Clotilde, Angèle et Tony

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Hier soir, le churros m'a dit : "tes parents sont là, c'est l'occase de se faire un cinoche sans que ça nous coûte 300 euros la soirée. En plus on sortirait en semaine, on dirait qu'on aurait vingt ans, ce serait bien, non ?". Je me suis fait un peu prier, j'ai tellement de choses dans la tête que je n'ai même pas la place pour y faire entrer une histoire, lui ai-je répondu.

Et puis j'ai senti qu'il était déçu, que mon nombril autour duquel je fais pas mal de tours en vélo depuis quelques jours allait finir par lui sortir par les yeux. Aussi, c'était tentant, c'est notre truc à nous, le ciné au MK2 bibliothèque et le club sandwich au Frog dans la foulée. Pinte de blonde pour lui, corona pour moi.

J'ai donc enfilé mes pattes d'ours et on s'est retrouvés devant le ciné pour aller voir Angèle et Tony.

Seigneur comme il a eu raison de me forcer.

Je vous en supplie, courez-y. C'est une comédie romantique qui n'a rien à envier aux américaines. Même si le héros pèse 100 kilos, qu'il est chauve et vit de la pêche dans une mer hostile. Même si l'héroine est une ex-taularde un peu – beaucoup – inadaptée, qui traîne ses guêtres en regardant ses pieds parce que fixer les gens dans les yeux c'est trop lui demander. De là à leur parler, hein.

Tout ça sur fond de misère sociale, de conflits entre les pêcheurs et les importateurs de poissons qui tuent le métier.

Pas glamour ?

Non, pas glamour. Et pourtant…

Pourtant le regard de Clotilde Hesme est l'un des plus poignants du cinéma français. Pourtant, le Tony, tout brut de décoffrage qu'il est, se révèle aussi torride qu'un Georges Clooney. Peu à peu, alors qu'il s'agit du couple le plus improbable qui soit, une tension sensuelle s'installe entre eux, et quand ils finissent par s'attraper, foi d'amatrice invétérée de bluettes, ça vous fait quelque chose là, oui, ici, non, un peu plus bas. Oui, là.

On pleure, aussi, parce qu'il est question d'une mère qui a cassé le lien avec son petit et qui s'emploie maladroitement à le réparer. On pleure parce que ces gens rudes comme le climat de la basse-normandie sont aussi merveilleusement humains. On pleure et on rit, on respire les embruns et on a envie de filer direct dans un train pour Caen et ses environs, pour regarder les vagues s'écraser sur les falaises et aller vérifier si les crabes font mal quand ils vous pincent les doigts.

J'avais adoré Clotilde Hesme dans les Chansons d'amour, je l'avais également admirée lors de ce concert d'Alex Beaupin et ses friends. Hier, je me suis dit qu'elle était pour un bon moment une de mes actrices préférées. Et Grégory Gadebois a intérêt à se faire moins rare sur les plateaux de cinéma. De toutes façons, j'irai le voir sur les planches, sinon, je crois qu'il est de la Comédie française.

Edit: Last day aujourd'hui au travail, pot de départ ce soir, d'autres larmes en perspective, de joie et de tristesse, parce que la vie n'est finalement que ça, un savant mélange des deux. Bonne journée.

Le voyage extraordinaire de Samy: 10 places à gagner

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C'était pas prévu mais au débotté, seriez-vous intéressés pour gagner des places de ciné ? Il s'agit du film d'animation "Le voyage extraordinaire de Samy", qui sort le 11 août. L'histoire d'une petite tortue qui perd l'amour de sa vie dans l'océan et qui part à sa recherche. Une odyssée en 3D, avec des dessins qui ma foi m'ont l'air assez canons et un discours certes assez consensuel mais pas non plus inutile sur la protection de la planète. Tout ça vu par la lorgnette de Samy, qui recherche désespérément Shelly.

Bref, je ne l'ai pas vu, mais voici la bande annonce, ça vous donnera une idée.


LE VOYAGE EXTRAORDINAIRE DE SAMY (Ben Stassen) Bande Annonce
envoyé par studiocanal. – Regardez plus de films, séries et bandes annonces.

Pour gagner les places, il vous suffit de répondre à cette question dans les commentaires:

Quels acteurs font les voix de Samy, de Shelly et d'Alphonse ? Pour le savoir, allez sur le site du film.

Comme je pars demain matin, il me faut donner le nom dès ce soir des 5 vainqueurs qui gagneront DEUX places chacun pour ce film aux gens qui s'occupent de l'opération. Donc en gros, vous avez jusqu'à 20h pour mettre les réponses dans les commentaires et le churros tirera au sort. J'ajoute que les places sont valables à toutes les séances et dans tous les cinémas, donc pas de favoritisme parisien et ça c'est cool.

Voilà, je précise, même si ce n'est pas la peine mais on ne sait jamais, que je ne gagne strictement rien dans l'affaire, ceci n'est pas un billet sponsorisé et je n'ai même pas de place gratuite en prime. Je trouvais juste l'idée sympa et c'est l'été, et le ciné c'est cher, alors si on peut faire 10 heureux…

Cartouche qui fait mouche

Cartouche

J'ai eu la chance de recevoir en before the first le dvd de Cartouche, le programme pour toute la famille que France 2 nous propose cette année pour Noël.

Un remake, donc, du Cartouche avec Bébel. Sauf que cette fois-ci, exit Bébel, bonjour Frédéric Diefenthal.

Bon, je ne vais pas vous raconter des salades, le Diefenthal, avec son smoky-eyes que même il pourrait filmer des tutos que les blogs de fille n'auraient pas à envier, il est passablement ridicule et ne se distingue pas par son jeu subtil. Ce qui ne m'a pas empêché de prendre un vrai plaisir à regarder cette épopée de cape et d'épée, entourée de mes deux grands et de leur père, qui subitement avait perdu une trentaine d'années.

D'abord, si l'acteur principal est un peu trop drama-queen pour moi, il a assurément passé le test séduction auprès des 9 – 12 ans, la preuve, ma fille était prête à jurer que c'était "le même acteur que celui de Pirates des Caraïbes".

Donc, Johnny Diefenthal, même maquillé, voire surtout maquillé, il plait aux petites filles.

Ensuite, les rôles secondaires tiennent vraiment bien la route, mention spéciale à Grégory Fitoussi que j'aimais déjà d'amour dans sous le soleil – yep – et que je trouve excellent dans Engrenages, le bijou policier de Canal +. La jolie Juliette est également toute fraiche et parfaite dans son rôle d'aristocrate qui tourne le dos à ses origines, toute émoustillée qu'elle est de monsieur-j'aime-le-khôl. L'acteur qui campe D'argenson, ministre de l'intérieur du régent est lui aussi très juste.

Bref, il y a des duels à l'épée en veux-tu en voilà, des galopades à travers champs, des conspirations au sommet, des calèches pillées par les bandits au grand coeur, des sentiments nobles et révolutionnaires, des vrais méchants tout pourris et des gentils à l'intérieur comme à l'extérieur. Tout ce qu'il faut pour Noël en somme.

Parce que oui, je le confesse, pour moi Noël m'évoque ces années bénies où Sissie batifolait dans les vertes collines bavaroises à la recherche de Franz. Je me rappelle aussi le petit Lord Fauntleroy qui pleurait dans cette demeure trop grande pour lui. Et que dire de Catherine Deneuve, qui dans Mayerling, chevauchait dans des plaines enneigées à la recherche de son aimé…

Ces souvenirs d'après-midi lovée dans le canapé en compagnie de toute cette noblesse depuis déchue sont autant de madeleines qui ne font même pas grossir.

Alors ce soir là, à voir mes machins vibrer au rythme des aventures de Cartouche, je me suis dit, c'est bon, on en tient un, là.

Un quoi ?

Un souvenir d'enfance…

Et à regarder leurs jambes déguinguandées, j'ai réalisé qu'il fallait se dépêcher d'en fabriquer d'autres…

Edit: Cartouche c'est ce soir et demain sur France 2.

Edit2: Je reviens demain avec les conseils du docteur Zermati pour passer des fêtes en toute sérénité… ou presque.

Mademoiselle Chambon

Mlle chambon

Pour moi, un bon film, ce n'est pas super compliqué. Si a) je ris, b) je pleure, c) je vibre (= dans le meilleur des cas j'ai des guilis au zizi), c'est que j'ai vu un bon film. Etant entendu que parfois, il est compliqué d'avoir les trois émotions en même temps, bien sûr.

Après, bien évidemment, on peut avoir envie de réfléchir, de s'extasier devant tant de beauté. Oui. Il n'empêche que rien ne vaut les larmes ou le rire. Qui n'empêchent pas de cogiter. Et que sans émotions, la fête du cinéma est moins folle.

Or avant-hier, j'ai eu la chance de voir en avant première – voui, à croire que je suis entrée dans un fichier, mais j'avoue ne pas bouder mon plaisir – un de ces films qui font tout ça à la fois. Sourire, pleurer et vibrer. L'histoire tient en trois mots, ou peut-être quatre. Ils se voient, ils se reconnaissent, ils tombent amoureux. Sauf que l'un des deux est pris. Classique, éternel dilemme, comment résister à la tentation, comment renoncer à ce qui se présente comme l'amour avec un grand A.

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Classique mais pas toujours très bien traité, personnellement le dernier triangle amoureux vu au cinéma était celui interprêté par Christine Scott thomas, Sergi Lopez et Yvan Attal, et je n'avais pas marché.

Alors que là, Vincent Lindon et Sandrine Kiberlain m'ont emmenée avec eux dans leurs regards, m'ont fait ressentir physiquement leur désir. Il n'est pas question pourtant d'une histoire de cul mais vraiment d'amour. A un moment, ils se regardent et on a l'impression que s'ils se touchent, ils vont littéralement entrer en fusion et se consummer sous nos yeux.

Je n'en dis pas plus, si ce n'est qu'Aure Atika y est également formidable, qu'on oublie très vite que les deux acteurs furent dans une autre vie un vrai couple. On se dit seulement que leurs peaux semblent être faites pour se mélanger. On se dit aussi que Vincent Lindon est vraiment…. wa wa woum.

Allez le voir quand il sortira, je vous prévient que c'est un film taiseux, qui fait l'économie de tout et qui pourtant, personnellement m'a touchée au coeur. Je vous laisse avec la bande annonce tout en douceur elle aussi, sur cette merveilleuse chanson de Barbara.

Mary and Max. Un peu de douceur dans un monde de brutes

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Mary est australienne, elle a une dizaine d’années, une tache de vin sur le front couleur caca et ressemble à Nana Mouskouri. Elle adore le lait concentré et son poulet qu’elle a sauvé de l’abattoir. A l’école, souvent, les enfants font pipi sur son déjeuner et se moquent de sa veste dont les boutons sont remplacés par des pinces à linge.

Mary

Max a 50 ans, est New-Yorkais, il est obèse, s’habille en jogging 365 jours sur 365, aime les poissons rouges et souffre d’autisme, ou plus précisément du syndrome d’Asperger. Il porte un casque avec des yeux dessinés dessus pour faire fuir les corbeaux et mange des hot-dogs au chocolat dès qu’il est angoissé.

Max

Tout de suite, je sens que vous vous dites qu’il y a plus fun comme pitch.

Et vous avez tort. Parce que par la magie d’une correspondance entammée par Mary un jour de désespoir (en plus de la tache de vin, Mary a une maman qui aime un peu trop le cherry et un père taxidermiste qui s’intéresse essentiellement au troufion des oiseaux qu’il empaille), ces deux là vont devenir amis.

Leur relation va être cahotique, faite d’incompréhensions mutuelles et de trahisons involontaires, mais va durer au fil des lettres et des barres de chocolat envoyées d’un bout à l’autre du globe terrestre.

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Mary and Max, c’est un film d’animation né d’une histoire vraie, le réalisateur, australien, ayant lui aussi un correspondant américain « Asperger » depuis des années. Ce qui lui a fait dire à la fin de l’avant-première à laquelle j’avais été invitée par Alexiane et Pingoo, que des deux personnages, celui qui lui ressemble le plus c’est Mary.

A ce moment là j’ai eu envie de lui faire un calin. Parce que c’est sexy un homme qui avoue qu’à l’intérieur de lui il y a une petite fille qui ressemble à Nana Mouskouri.

Voilà, je vous recommande chaleureusement ce film, qui n’est ni un wallace et gromit, ni un blockbuster de chez Pixar, ni un film d’animation qui vous laisse bouche bée devant les miracles de la technologie.

Mary and Max, c’est le résultat de cinq années de boulot démentiel pour faire vivre ces personnages pas glamours pour deux sous et qu’on aime pourtant à la fin d’amour. C’est un film plein de marrons et de noirs et de blancs, avec comme seules touches de couleur le rouge des langues ou du pompon offert par Mary à Max. C’est aussi une bande originale qui se mêle parfaitement à l’histoire. Bref, il faut y aller, parce que ce genre de cinéma ne peut survivre qu’avec un public assidu…

Je vous laisse avec la bande annonce…

Mes meilleurs ennuis

Ennuis

On en était restés que Stéphane Navarro, la grosse, avait passé une audition pour jouer dans la cage aux folles aux côtés de Clavier et Bourdon.

A peu de chose près, un poil, il y était, mais pas de bol, les gars cherchaient un type plus vieux et moins beau. C'est que parfois mère nature nous joue de drôles de tours hein.

Donc retour à la case départ, avec un passage dans le Var, pour jouer une dernière fois "La grosse", le temps de rencontrer Séraphine – où es-tu Séraphine ? – Solange, Béa et… et… mince, je SAIS que y'avait une autre lectrice, si tu es là dis-le moi que je corrige.

Et puis période de calme (= pour un acteur: "je ne jouerai plus jamais, de toutes façons voilà, maintenant que j'ai 26 ans je suis une vieille, regarde Adjani, elle est finie).

Et alors que Stéphane s'apprêtait à partir en vacances, pof, coup de fil de ce bon vieux théâtre d'Edgar qu'il connait bien pour y avoir joué pendant un an "Paradise Hôtel". Motif du coup de fil ? Un rôle dans une pièce qui tourne maintenant depuis huit ans, en passe de devenir un classique du boulevard, "Mes meilleurs ennuis".

Stéphane il a hésité (deux secondes en vrai mais sûrement un peu plus pour faire genre) et pan, il s'est lancé. Ce qu'il ne savait pas c'est qu'en gros il était censé connaître le texte pour hier vu que les représentations commençaient l'avant veille.

Mais pas grave, il a fait des italiennes et des autrichiennes en veux-tu en voilà (cherche pas, c'est des trucs d'acteur, tu peux pas comprendre faut être dans le milieu comme moi) et il est monté sur scène lundi comme un prince.

Le pitch de la pièce ? Au lendemain d'une soirée plus qu'arrosée, deux frères s'apprêtent à marier leur soeur avec "un beauf militaire". Forcément, la journée ne se déroule pas vraiment comme prévu, notamment à cause d'un certain Stéphane, copain un peu poissard et folle de son état – un sacré rôle de composition pour qui on sait – embarqué dans un trafic de cocaïne à l'insu de son plein gré.

Les portes claquent, la salle de bain fuit, les gifles tombent, les copains lourdingues débarquent, les fiancées en profitent pour annoncer qu'elles sont enceintes ou débarquer de manière impromptue.

Bref, c'est une comédie, parfois musicale, un genre de Friends azimuté, menée d'un train d'enfer par des acteurs qui aiment ce qu'ils font et ça se voit. Ils sont beaux en plus et ça ne gâche rien.

Gros coup de coeur pour deux d'entre eux : Sébastien Morin (deuxième au milieu en partant de la gauche) et Géraldine Sales (deuxième en haut en partant de la gauche), qui ont ce petit truc en plus qui fait que leurs visages restent en mémoire. Ce petit truc qui fait penser qu'on les reverra ailleurs, c'est obligé, ou alors c'est que franchement la vie est une hyène. Truie.

Quand à mon Navarro, il est forcément terrible, son arrivée sur scène ne peut laisser personne indifférent – en gros du t'oublies dans ta culotte – et sans vouloir rien dévoiler, il se met grave en danger.

Limite on pourrait dire qu'il casse son image.

Si.

Il montre son cul aussi.

Voilà, pour réserver c'est par ici et si vous dites que vous venez de la part de Pensées de ronde, vous aurez droit à un baiser de Navarro. Ce qui n'est pas rien. Parait.

Mes meilleurs ennuis, Théâtre d'Edgar, métro Edgar Quinet, avec Fabienne LOUIN, Sébastien MORIN, Stéphane NAVARRO, Géraldine SALES, Thomas LEMPIRE et Claire Boyé. Tous les jours sauf le dimanche.

Edit: Les autres aussi ils sont super bien hein, juste j'ai des chouchoux, voilà, quoi.

Edit2: Hier Stéphane a eu 19 ans. Il le vit très mal.

Les beaux gosses ne le sont pas toujours

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– T'étais en train de te masturber, là, hein ? Tu peux me le dire, je suis ta mère, c'est normal. A quoi tu pensais, hein, quand tu te masturbais, mon chéri ?

– Putain maman, arrête, n'importe quoi, laisse moi tranquille.

– Attends, tu fermes la porte de la salle de bain, c'est sûr, tu te masturbais.

– Mais tu me fais chier, chier, chier et CHIER avec ta branlette. Je peux plus te saquer putain, laâhe moi mais lâaaache moi !

Faut être indulgent, je vous ai fait le dialogue de mémoire. Mais franchement, vas-y au cinéma voir "Les beaux gosses". C'est drôle, bien plus à mon avis que l'insipide Lol que j'ai pas vu mais faut bien être snob de temps en temps.

En même temps j'ai regardé la Boum avec petite chérie y'a pas si longtemps et je maintiens que c'est un des trésors de notre histoire culturelle.

Bref, "Les beaux gosses", c'est la boum version sébum et pores bouchés, sans Sophie Marceau mais avec Noémie Lvovsky, héroïque en mère dépressive et abusive.

Les deux personnages principaux, Hervé et Kamel sont tout simplement super cons ce qui à 14 ans est somme toute extrèmement rassurant. Ils sont vilains mais finalement pas tant que ça, se font martyriser par les caïds de l'école mais ne se gênent pas pour humilier sans scrupules le boudin timide qui veut sortir avec eux.

ça sent la chaussette qui sert de capote, ça sent les soirées à pleurer sur des amours impossibles, le stress de la première boum, l'érection gênante ou la drague dans l'autobus. C'est un film sur l'enfance qui s'en va et sur cette sale sale sale période qu'est l'adolescence pour 98% d'entre nous, les 2% étant les élus de cette truie la mère nature, ce qui ne veut finalement pas forcément dire qu'ils sont plus heureux à terme…

Les voisins du dessus

Alors y'a Navie, elle m'a envoyé le pilote d'une série appelée "Les voisins du dessus" que ses copains ont fait (même que elle est un peu leur agent ET leur attachée de presse). Je vous mets un extrait de son mail pour être sûre de ne pas me tromper dans les noms: "Le 30 mai est un jour historique pour nous, puisque cette nuit à minuit pile, nous avons lancé le pilote de la série: Fruit
de mois d'écriture, tournage, communication, montage, étalonnage et
autre trucs en -age, cette série créée par Kheiron (ex- Jamel Comedy
club) et co-écrite par un pôle d'auteur dont le brillantissime Navo de
la Bande Pas dessinée est enfin en ligne sur dailymotion".

La vidéo, je l'ai regardée, et j'ai bien rigoulé. Je trouve l'idée extra, c'est super bien joué, mention spéciale à Judas et Moïse dont les chamailleries sur ce que peut ou pas manger Moïse m'ont fait ricaner comme une oie. Bref, je vous invite à la regarder, moi ça m'a fait penser à Kaamelot et j'avoue que je marche à fond avec l'humour un peu absurde. Surtout,on a envie de connaitre la suite. Et puis c'est iconoclaste comme j'aime, ça se fiche pas mal des religions sans tomber dans l'agressivité et comme ça se fout de TOUTES les religions, aucun risque que ce soit taxé de raciste ou quoi…

 

 

 

Romaine par moins 30

Bon, donc c'est Cannes. Qui dit Cannes, dit cinéma. Je ne vais pas
vous raconter de craques, le cinoche en ce moment c'est un peu comme
l'épilation, la manucure ou faire du sexe.

Du luxe, quoi.

Mais
comme tout arrive, la semaine dernière, les éléments étaient avec nous,
la baby-sitter surtout, à vrai dire. Et nous avons bravé l'impossible,
à savoir la fatigue, le risque de voir une merde qui nous coûtera au
bas mot 4000 dollars et le chantage affectif d'enfants qui ne semblent
absolument pas profiter de notre présence lorsqu'elle leur est offerte
mais qui font mine de pouvoir mourir de chagrin quand leurs parents
entrevoient quelques heures de plaisir.

Et nous sommes partis, main dans la main, tous les deux, sans peur du lendemain.

Après s'être plantés dans l'heure de la séance – "tain, je te jure, sur internet c'était marqué 20h50", "ouais ben là c'est 20h05, pas photo mon gars", "font chier, internet", "ouais, fais chier ta dislexie des chiffres surtout, hein", "ah ouais, je vois, c'est ma faute" – on a finalement posé nos fondements sur les confortables sièges pour amoureux du MK2 Bibliothèque.

Et on a vu un petit film du genre sans prétention qui nous a drôlement plu. "Romaine par moins 30". Avec Sandrine Kiberlain qui signe un de ses rôles les plus drôles. C'est frais – moins 30, je ne sais pas ce qu'il te faut -, c'est poétique, c'est loufoque, c'est même émouvant.

Le pitch ? Un fiancé fait une surprise à sa chérie qui déteste ça. Les surprises. Il l'emmène à Montréal pour passer Noël. Alors qu'elle ne supporte pas le froid. Dans l'avion – qu'elle n'aime pas des masses non plus – elle entend l'hôtesse prier dans les toilettes pour que l'atterrissage se passe bien malgré le blocage des roues. Terrifiée, elle se lache grave auprès de son fiancé en le suppliant de lui faire l'amour pour qu'elle puisse au moins une fois jouir avec lui, rapport que depuis cinq ans, nada.

Vous vous en doutez, l'avion ne se crashera pas, l'hôtesse est en réalité totalement phobique des atterrissages, ce qui pose un léger problème. Par contre, le gentil fiancé a du mal à avaler la pilule de la confession near from the death et plaque Romaine à l'aéroport.

Voilà, la suite je vous laisse la découvrir, sans rire c'est vraiment bien, pas le chef d'oeuvre du siècle mais derrière une apparente légereté, il y a toute une réflexion sur le désir, le plaisir, l'indépendance et plus encore. Et puis Montréal sous la neige, ça fait rêver, beaucoup.